Aller voter, c’est regarder le menu avant de commander

[texte du 2 mai 2017]

Abstentionnistes, bonjour !

Au restaurant, vous avez sûrement pour habitude de regarder le menu avant de commander votre repas ? Vous ne voulez sûrement pas qu’on vous serve un plat au hasard sur la carte sans qu’on vous demande votre avis ? En effet, ne pas demander le menu équivaut à se laisser au hasard mais aussi juger égaux tous les plats proposés. Qu’importe qu’on vous serve un tartare de saumon ou un poulet sauce curry, l’important étant d’avoir l’assiette pleine ? Peut-être êtes-vous du genre à laisser vos amis choisir pour vous. Très bien, espérons alors qu’ils aient les mêmes envies et goûts que vous. Autrement vous risquez de vous retrouver avec une salade grecque quand vous aviez envie d’une bavette sauce roquefort et ses frites bien huileuses.

Abstentionnistes, j’entends que certains d’entre vous pensent que la carte ne présente qu’une redondance de petits plats fades et ne mérite même pas l’effort de l’ouvrir. Peut-être est-ce le cas. Mais le problème c’est que vous êtes déjà là, assis autour de la table avec vos amis et la serveuse vous presse de lui donner votre commande. Qu’allez-vous faire ? Laisser la serveuse, vos amis ou le hasard choisir pour vous ? Prendre le risque de manger sucré quand vous vouliez manger salé ?

Ce dimanche, ne pas aller voter c’est ne pas se donner la peine d’ouvrir le menu. C’est laisser les autres choisir ce que vous allez manger pour au moins 5 ans et prendre le risque de passer un mauvais repas, ou pire, attraper une méchante indigestion.

Abstentionnistes, non Macron et Le Pen ce n’est pas la même chose. J’ai compris qu’aucun d’entre eux ne vous donne l’eau à la bouche mais il faut avoir l’honnêteté de les différencier. Leurs positions respectives sont bien assez claires sur des sujets aussi importants que l’Europe, l’emploi, l’immigration ou la sécurité : L’un veut proposer la sortie de l’Union Européenne, l’autre veut renforcer sa souveraineté. L’un a une vision progressiste de la société, l’autre tient une posture réactionnaire (abroger la loi Taubira sur le mariage pour tous, principe de priorité nationale…). L’un veut instaurer une taxe protectionniste, l’autre prétend alléger les cotisations patronales. Enfin bref, dimanche vous n’irez sûrement pas dans votre restaurant préféré mais au menu au moins deux plats seront affichés. Deux recettes trop différentes pour avoir le droit de sortir la carte du « tous les mêmes ».

Dimanche ayez le courage d’ouvrir le menu, ayez le courage de faire votre propre choix sinon l’addition risque d’être salée.

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